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Rencontre avec le boeuf musqué

Lors de notre van trip automnal en Norvège, il y avait une aventure qui nous tenait particulièrement à coeur : partir à la rencontre du boeuf musqué du Parc National de Dovrefjell. Cet animal robuste et poilu issu des régions les plus glaciales de la planète, a été réintroduit en Norvège et c’était une occasion en or de tenter de le rencontrer. Nous n’avons pas été déçus du voyage !

C’est l’histoire d’un boeuf

En 1913, durant la construction de la voie de chemin de fer, des os sont trouvés à 9m sous terre. Ils appartiennent à un boeuf musqué ayant vécu ici il y a plus de 30 000 ans. L’espèce est alors absente de Norvège mais a subsisté au Canada, en Alaska et au Groenland.

Dans les années 1930, des tentatives de réintroduction semblent prometteuses. Cependant toute la population est décimée pendant la seconde guerre mondiale.

De 1947 à 1953, un nouvel essai est couronnée de succès. La population était estimée à seulement une dizaine de boeufs en 1953 avant de connaître une augmentation continue jusqu’à atteindre entre 250 et 300 individus aujourd’hui.

Chaque année une cinquantaine de veaux naissent, malheureusement la dureté des conditions ne garantit pas leur survie. Pour vous dire à quel point les éléments sont contres eux, en 1978, la foudre s’abat sur un groupe et tue 12 bêtes alors qu’ils n’étaient qu’une cinquantaine 😱

Aujourd’hui encore, rien ne permet de dire si la population résistera à toutes les menaces (épidémies, réchauffement climatique…).

Nature du Dovrefjell

Où les voir ?

Le Parc National de Dovrefjell se situe à 350 km au nord d’Oslo, dans l’intérieur des terres norvégiennes. Il est accessible par la route et en transport en commun (train ou bus) sans grande difficulté.

Il y a de nombreux endroits pour loger dans les environs. Nous sommes restés deux nuits dans le camping Snøhetta sur les hauteurs de Hjerkinn, assez proche du point de vue du même nom.

Les départs de randonnée pour observer les boeufs musqués se font principalement à deux points : Kongsvoll, d’où nous sommes partis, qui est desservi par le train et Grønbakken à quelques kilomètres au sud (voir carte ci-dessous). Quelque soit le point de départ, les randonneurs finissent par se croiser en demandant mutuellement si l’autre groupe a vu les fameux animaux.

Pour ce qui est de l’environnement, il s’agit d’un mélange de courtes forêts, de grandes plaines, de tourbières et de sommets rocheux. Cela nous a beaucoup rappelé notre trek du Kungsleden en Suède.

Pour les personnes souhaitant maximiser leur chance d’observation, il est possible de suivre un guide de la région (comme celui-ci). De notre côté, nous avons pris la décision de faire sans, à la fois pour faire des économies mais aussi parce que la chance est souvent avec nous en ce qui concerne les rencontres sauvages.

La rencontre

Pour croiser ces animaux préhistoriques, nous avons eu besoin d’un peu de chance et d’une bonne paire de jambes.

Notre randonnée a commencé par une belle montée à travers la forêt, avant de déboucher sur la taïga, une vaste plaine surplombée par plusieurs montagnes. En temps normal, la majorité des observations se fait depuis Høgsnyta (voir carte plus haut), mais ce n’était pas le cas durant notre passage.

Nos chers boeufs musqués avaient prévu de nous faire grimper… En effet, Roxane a repéré de très loin un petit troupeau sur les hauteurs, les sabots dans la neige. Un groupe de randonneurs que nous avons prévenu s’est alors élancé à travers la taïga, sans vraiment se rendre compte de la difficulté de se déplacer loin du sentier.

Nous les avons d’abord suivis avant de nous rendre compte que jamais nous ne parviendrions pas à grimper un fort dénivelé les pieds dans la tourbe. Et même si cela était possible, les animaux se déplaçaient bien plus vite que nous. Nous avons alors décidé de rattraper un chemin menant aux massifs enneigés, prenant le risque de perdre les animaux de vue, mais en parcourant un sentier bien plus accessible.

Notre stratégie fut payante puisqu’une fois les pieds dans la neige, ce fut un postérieur de boeuf musqué qui nous accueillit ! De peur de les effrayer, nous avons décidé de prendre encore plus de hauteur pour les observer sans les déranger. Quel spectacle !

Nous étions maintenant tous les deux face à six boeufs musqués, dont deux petits au poil encore duveteux. Ils se déplaçaient plutôt lentement, broutant entre les blocs de pierre. Nous avons été impressionnés par leur taille, la force tranquille qu’ils dégageaient, et leur démarche préhistorique. Le paysage un peu enneigé rendait la scène encore plus impressionnante.

⚠️ Important : afin de ne pas stresser ces animaux sauvages, il est nécessaire de garder une distance d’observation d’au moins 200m : à la fois pour leur sécurité et la vôtre puisqu’ils peuvent charger à 60 km/h tout de même 😇 Pour les observer nous avions pris avec nous une paire de jumelles et un petit téléobjectif 70-300mm.

Nous sommes restés là pendant de longues minutes dans un froid glacial, conscients de notre chance. Puis, nous avons pris le chemin du retour, en nous retournant de temps en temps dans l’espoir de les apercevoir de nouveau.

Une journée inoubliable

Cette journée était incroyable, grâce à notre rencontre avec les boeufs musqués bien sûr, mais pas seulement. C’est aussi l’occasion de faire une randonnée sympa sans trop de dénivelé. Et surtout, le parc national est d’une beauté frappante, notamment à cette période de l’année où les feuillages orangés rencontrent les blocs de neige, et où le soleil se reflète sur les lacs environnants ! Tu l’auras compris : nous avons adoré le Parc National de Dovrefjell et nous te le recommandons les yeux fermés.

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Cet article a 2 commentaires

  1. Floriane

    Bonjour,
    Vôtre article m’a convaincue d’aller (essayer) voir les bœufs musqués en Norvège !
    Combien de temps a duré votre rando ?

    Merci pour votre blog !😊

    1. Roxandyo

      Hello Floriane, merci pour ton commentaire, et ravis que cet article t’ait donné envie d’aller voir ces (grosses) boules de poils ! ☺️
      Nous avons mis 7h aller-retour en tout, en comptant les pauses, le temps d’observation, etc.

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